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CERCLE GENEALOGIQUE DE L'AISNE


Monographie de la commune de Marchais



Géographie Physique :


Marchais est situé à 6 km de Sissonne, à 16 km de Laon à 40 lieues de Paris et à 60 km de la Belgique. L'étendue superficielle est de 1545 hectares. La terre est peu fertile et les marais couvrent un tiers de la surface de la commune. Cette région de l'Aisne est la plus pauvre du département. Les agglomérations rurales seules existantes, sont peu populeuses et espacées de 4, 6 ou 10 kilomètres. Marchais compte en tout 475 habitants, c'est-à-dire 30 au kilomètre carré. Ce n'est pas la moitié de la population spécifique du département mais c'est presque la moitié de celle de la France. Cette densité se retrouve dans presque toutes les communes du canton, Liesse excepté.

L'agglomération communale compte 188 maisons, 185 ménages et 400 habitants. Le château compte pour 6 maisons, 7 ménages et 24 habitants. Le surplus se trouve réparti dans les maisons isolées : la Sablonnière, le Moulin Bégnicourt, Tartre à pierres, Marengo, l'Epreuve et l'Hermitage.

Notons que depuis 1883 le prince de Monaco n'a cessé d'habiter le château, ce qui a fait monter le recensement de 1886 au chiffre de 615 habitants comme population inscrite. Puis elle a décliné peu à peu pour arrivér à 475 en 1901. Le nom de Marchais dérive de mercasins (marais). Il s'est écrit successivement Marchés, Marchetz, Marchez.


L'altitude de village est de 80 mètres et celle du territoire varie entre 70 et 130 mètres, des rives de la Souche au Chassemy.

Situé au fond d'une vallée marécageuse, comme Sissonne, Liesse, Chivres, Missy et toutes les communes avoisinant la Souche, Marchais a un climat plus froid et plus humide que celui des communes formant le pourtour du canton.

La Souche passe à l'extrémité de Marchais, elle a un seul affluent La Buse appelée aussi Nivart dont le confluent est à Pierrepont. Elle prend naissance dans la fontaine du Parc, à 800 m à l'Ouest du « canal » de Marchais. On appelle ainsi un ensemble quadrangulaire de larges douves qui entourent la partie du domaine du château de ce nom ; appelée « Petit Parc ». Les eaux du canal constituent ainsi la Buse, dont le cours rectifié sépare les territoires de Liesse, de ceux de Gizy et de Missy, avant d'entrer sur celui de cette dernière commune.


Les marais de la Souche s'étendent dans le canton particulièrement sur la rive gauche et jusqu'à trois kilomètres, à l'époque romaine ils s'étendaient beaucoup moins. Le mauvais entretien de la rivière et surtout l'établissement de moulins ont surélevé le niveau des eaux. Les marais restèrent à peu près impraticables jusqu'en 1825, c'est alors que le dessèchement fut commencé. 500 hectares environ de marais dépendent de la commune de Marchais. 111 hectares ont été cédés aux concessionnaires du dessèchement qui les ont morcelés pour les vendre. C'est dans cette partie du marais qu'à lieu l'extraction des tourbes à fonds perdu. De chaque côté du canal de dessèchement des étangs profonds ont été creusés, ils sont souvent séparés par de fines digues parfois coupées ; il y a un danger véritable pour qui ne connait pas les lieux. Chaque année, on enregistre de nouveaux malheurs causés par ces abîmes et les victimes sont souvent des enfants.

Le territoire de marchais avec ses bois, ses champs, ses eaux vives, ses marais offre au naturaliste un champ d'études intéressant.


Mode de vie :


Le langage ne différent pas de celui du canton de Sissonne. Les locutions patoises ne manquent pas. Il arrive en retard, s'exprime ainsi : il arrive au prême. Au lieu de : n'est-ce pas, on dit : ah non ? En purette signifie en manches de chemises. Un derlach, un astand, est un enfant espiègle, quelque peu vagabond ; un gnien est un niais, un argotier est un cultivateur-manouvrier, un arlan est un homme de peu de valeur ; foutimasser c'est perdre son temps à des riens. La lettre r est roulée sur le bout de la langue d'une manière spéciale à la région . L'expression andé signifie las, quelques vieillards disent encore crir (quérir) pour chercher etc. Mais bien que la localité soit en pleine Picardie, il n'y a guère de traces de patois picard. Sous ce rapport le château et ses habitants ont eu plus d'influence encore que le voisinage de Laon et les communications plus fréquentes avec Paris et la France entière. Comme trace d'un passé qui s'efface, hâtons nous de signaler l'habitude de donner des sobriquets : peu d'hommes en sont exempts. A Noël, les enfants, plutôt dans les communes voisines, ont droit a une pâtisserie en forme de statuette appelée cugnotte. Dans les noces autrefois le cortège était annoncé par un cri particulier, une sorte de rire guttural et saccadé que certains invités compères ou commères, savaient seuls pousser dans la perfection. Dans les enterrements, les démonstrations en sens contraire n'étaient pas moins vives ; c'étaient des cris déchirants, des exclamations dans lesquelles s'exhalaient, en termes souvent naïfs, les regrets des parents et les mérites des morts : les femmes se faisaient remarquer par une certaine exaltation particulière ; la tête couverte de leurs tabliers noirs, prosternées au bord de la fosse, elles donnaient à la cérémonie un caractère lugubre, saisissant au plus haut degré. Cette impression produite par la mort était encore augmentée par les objets environnants. Tout autour étaient les tombes des ancêtres, des membres de la famille, vieillards ou enfants. Leurs noms étaient écrits, sinon sur la pierre, du moins dans le cœur de leur proches. Les regrets du jour se mêlaient au regrets du passé.

Aujourd'hui le privilège d'être enterré au milieu des siens n'appartient plus qu'à ceux qui peuvent payer une sépulture de famille ; la loi d'égalité, qui sous prétexte de justice, a morcelé les héritages, poursuit encore le mort au-delà du tombeau ; au lieu d'être une dépouille chère à tout jamais, et souvent visitée, n'est plus qu'un numéro ; Jetée au milieu d'inconnus, la recherche en est difficile et bientôt on l'oublie.

D'autre part, les liens de famille se relâchent peu à peu au point que souvent des fils laissent à la charité privée le soin de nourrir leur vieux parents, et cela, en partie, parce que la propriété de famille n'existe plus, aussi bien le métier, que le champ ; parce que par les facilités qu'est venue donner la liberté de l'industrie, le champ paternel, comme l'atelier paternel, ont été abandonnés ; parce que la maison paternelle n'est plus habitée par l'un des fils, pas plus que la place de l'église, pas plus que la tombe du cimetière.

Aussi, il y a 50 ans encore, les joies et les douleurs étaient communes dans la famille. Les noces, les baptêmes, les premières communions, les enterrements, étaient des réunions où l'on parlait des aïeux, des projets communs, où l'on renouvelait les affections refroidies. Personne ne tuait son porc sans appeler ses frères, neveux, et surtout son père et sa mère à un festin joyeux, quoique modeste, dont la défaite de l'animal faisait tous les frais et qu'assaisonnait surtout l'affection réciproque. Le menu du repas était tel que les plus pauvres y pouvaient faire face ; le frère moins aisé n'avait pas à rougir devant son frère le plus riche...

Qu'on ne nous accuse pas de prêcher le retour à un état de choses détruit. Les sociétés marchent, elles se transforment, elles avancent sans pouvoir reculer . Notre but, en signalant les usages anciens, a été de faire apprécier les conséquences des idées modernes, non pas au point de vue politique, mais seulement au pont de vue local. Nous avons constaté : à d'autres le soin de conclure.



Géographie historique :


Le nom de Marchais vient du bas-latin mercasius qui signifie marais. Cette étymologie est rigoureusement exacte, car de tous côtés, sauf au sud, le village est entouré de marais ; au delà, surtout vers l'Ouest, s'étendaient d'immenses espaces boisés ; la forêt de Samoussy n'en est qu'une portion. Une telle situation, entre des marais impraticables et de profondes forêts, devait convenir aux premiers habitants de la Gaule : ils trouvèrent un abri naturel entre les roches de grès accumulées au Chasseny. Cet endroit, point culminant de la contrée, au milieu de chênes antiques qui lui ont donné son nom, a dû être très anciennement habité ; Il y a été trouvé beaucoup de silex taillés , ainsi qu'un fragment de meule en granit rose. Actuellement il n'y a plus guère de roche de grès à Chassany ; elles ont été débitées pour le service des routes.

Les objets recueillis datant de l'occupation romaine sont plus nombreux.

Marchais daterait de l'époque celtique.

Plus tard la métairie de Samoussy devint résidence royale ; elle fut le séjour de prédilection des premiers carolingiens, et on assure que Charlemagne y naquit. Les invasions normandes, puis les guerres féodales mirent le comble aux malheurs du pays.

En 1210, le chevalier Miles ou Milon, octroya une charte aux hommes de Marchais ; Donnant à la localité le nom de ville, ils affranchit les habitants de toutes tailles, corvées et autres redevances, moyennant l'acquit d'un tribut annuel de cent livres. Les habitants purent nommer un mayeur et douze jurés. Sans doute aussi à la même époque, la commune ainsi organisée eut un beffroi, qui est le clocher actuel.

Les croisades eurent pour Marchais un résultat tout particulier, ce fut la fondation de la ville de Notre dame de Liesse, qui doit son origine à un pèlerinage célèbre : une église, construite au XII° siècle, groupa autour d'elle des marchands d'objets de piété, des hôtelleries, etc. Ainsi une commune nouvelle se forma, mais le territoire resta indivis, et le même curé administrait Marchais et Liesse. Les habitants du premier village, désormais administrés par leur maire et leurs jurés, nommés pour un an, continuèrent à vivre de leur culture, comme fermiers du château ou propriétaires. Le marais leur fournissait une herbe abondante et de bonne qualité : mais il y avait une grande différence avec les procédés d'exploitation actuels. Un traité, fait en 1512, entre les habitants de Marchais et ceux de Liesse, apprend que de tout temps les chefs de ménage avaient droit à cent verges de marais : la charte de 1210 en fait aussi mention. Mais une disposition particulière permettait les échanges entre les habitants : il en résultait que les parents devenus vieux échangeaient les bons usages, de manière que les mêmes parcelles fussent dans la famille à perpétuité ; le père ; dit le traité, passait sa part à l'aîné de ses fils. Aussi n'épargnait-on rien pour améliorer chaque parcelle de marais. Cette faculté de participer aux biens communaux est peut-être tout le secret de l'existence de Marchais. Les habitants pouvaient, sans autres frais que leur travail, nourrir bon nombre de bestiaux, et entretenir leur famille avec le lait et le fromage, les produits de la vente du beurre et des élèves.


Quand Liesse fut devenu une localité importante, il y eut lieu de modifier la distribution : par le traité de 1512, les parts d'usage furent données « aux habitants de Marchais, proche de Marchais, et aux habitants de Liesse, proche de Liesse ». Cet aménagement du marais ne subit aucun changement jusqu'en 1777. Alors l'Intendant de Soissons défendit les échanges, ordonnant que les lots vacants seraient distribués par ordre d'inscription, aux ayants droits, sans distinction entre les natifs et les étrangers. Ce mode semblait plus juste, mais il eut de fâcheuses conséquences, car personne n'améliora plus les prés, se contentant de recueillir le produit spontané, quel qu'il fût.


La reconstruction du château sur un emplacement plus rapproché du village, et ensuite l'affluence d'illustres hôtes dans cette belle maison ne durent être d'aucun effet pour l'extension de Marchais. Il semble plutôt que, pendant les guerres de religions qui suivirent de si près sa construction, le château, servant d'objectif aux bandes de partisans avides de pillage, fut pour la localité une source de malheurs. Nous savons d'ailleurs que le pèlerinage eut pour Liesse les plus désastreuses conséquences : le bourg fut pris, pillé, l'église dévastée, brûlée par les protestants. Ces scènes déplorables se reproduisirent depuis le milieu du XVIe siècle jusqu'à la fin du règne de Louis XIV. Au milieu de tant de calamité que devenaient les habitants ? Les uns émigraient, pour chercher ailleurs des moyens d'existence ; les autres relevèrent leurs chaumières, et tentèrent de reprendre leurs travaux de culture ; privés de chevaux et d'instruments aratoires, ils durent mener longtemps une vie  misérable. Beaucoup de jeunes gens se firent soldats, et quelques-uns arrivèrent à des grades élevés.

Simon Hubert était gouverneur de Laon vers 1502 ; Etienne Collart se signala par ses exploits dans les Antilles et fut anobli par Louis XIV. Un autre habitant de Marchais, Pierre Bernier, se fit remarquer par son intrépidité dans les expéditions entreprises à cette époque par les Martiniquais. Louis Bernier est mentionné comme capitaine de Saint-Florent à la Martinique en 1715.

En 1711, les contrebandiers tuèrent d'une balle un garde des gabelles de la brigade d'Amifontaine ; il faut dire que la ligne douanière passait entre Marchais et Montaigu : les gardes logés dans  des maisons en plein champ, se postaient dans des trous pour surprendre les fraudeurs. Le principal objet de contrebande était le sel, qui était distribué à raison d'un certain poids par tête d'habitant, au prix de 13 sols la livre : comme, dans les Ardennes, on ne payait que 4 sols la livre, la fraude était inévitable. Vers la même époque, on voit dans les archives de l'église qu'elle dut payer pour l'amortissement de ses biens 727 livres un sol dix deniers ; c'était pour le Roi une manière de lever un impôt sur le clergé. Sous la Régence, l'église subit une autre perte. Deux débiteurs de la fabrique entendaient payer leur rente en billets de banque ; le marguillier dut aller à Laon pour être autorisé à refuser le remboursement.

A la fin du XVIIIe siècle, l'opinion obtint une représentation municipale et la participation aux affaires publiques. En 1788 Marchais possédait une municipalité de cinq membres (un syndic, trois municipaux et un greffier) : l'assemblée, nommée par les habitants taillables, se réunit chaque dimanche et s'occupe du rôle de la taille, de l'exportation ou de l'importation des grains, etc. La révolution fut calme, ainsi que la période du premier Empire, mais l'invasion de 1814 et celle de 1815 achevèrent la ruine du pays par les pertes, les réquisitions, les contributions de guerre auxquelles elles donnèrent lieu. Peu à peu, ces misères disparurent, et les différentes administrations municipales qui se succédèrent depuis 1830 tinrent à l'honneur d'inaugurer d'abord, puis de poursuivre l'œuvre d'embellissement de la commune : elles ont trouvé du reste un puissant auxiliaire dans le propriétaire du château. En 1870-1871, marchais eut à supporter sa lourde part des malheurs de la guerre : toutefois les habitants n'eurent pas à payer de fortes sommes ; cela leur êut été impossible. Ce fut la caisse municipale qui subvint à tous les impôts qu'imagina l'avidité du vainqueur. La fermeté du maire de l'époque, M. Soyer, épargna à la commune un dernier sacrifice de plusieurs milliers de francs.


Administration municipale


La charte de 1210 accordait aux hommes de Marchais le droit d'élire chaque année un mayeur et dix jurés. La formation d'une commune à Liesse eut pour effet de scinder le nombre de jurés. En 1512, Marchais avait un maire et cinq jurés, Liesse un maire et huit jurés. A cette époque, les décisions des assemblées étaient soumises à l'approbation des seigneurs : en 1777, c'est l'Intendant qui peut, non seulement désapprouver les délibérations, mais même annuler des dispositions très anciennes. D'ailleurs les assemblées municipales ne comprenaient pas simplement le maire et les jurés : quand l'objet en discussions était important, les membres de la municipalité s'adjoignaient les notables de la commune.

Avant le XVIIe siècle, les habitants avaient conservé le droit d'élire les officiers municipaux, marguilliers, collecteurs de tailles et de sel, maître d'école, garde verdure, chefs de la milice, sonneurs de tambour. En 1643, Marchais ne nommait qu'un maire et deux syndics. L'élection s'en faisait le lendemain de Noël. Le bureau électoral était désigné par la municipalité sortante, il était composé de trois habitants. Le nom de trois candidats proposés par le bureau, était posé sur une table : près delà était un certain nombre de bûchettes préparées d'avance . Chaque habitant, s'avançant à son tour, posait une bûchette sur le nom du candidat qu'il préférait. Celui qui réunissait le plus de bûchettes était proclamé maire, il entrait en charge au premier janvier. Les syndics proposés par le maire étaient nommés de la même manière : la municipalité nommait les collecteurs de taille. Les communautés, avant 1789, n'ayant pas, dans les communes rurales, de bâtiments publics, ni les divers services qui leur ont été attribués, n'avaient point de finances. Quand il y avait une dépense publique à faire, on aliénait une partie des coupes de bois communaux, mais ce fait se produisait rarement, et nous ne le trouvons qu'à l'occasion de la pose d'une horloge communale en 1769.


Eglise et hospice


L'église de Marchais est très ancienne et on         assure que la tour du clocher aurait servi de beffroi. Le sanctuaire, a cinq arcades, a une clef de voûte ouvragée portant en saillie une mitre rouge sur fond  bleu, entourée d'une guirlande.

L'ensemble de l'édifice a la forme d'une croix latine : il contient quelques tableaux provenant du château ou de dons particuliers ; un d'entre eux, de l'école flamande, figure une descente de croix avec costumes du XVIe siècle. Trois pierres tombales existent encore, mais les inscriptions sont mutilées ; d'autres, plus petites, ont été relevées lors des réparations exécutées dans les murs ; elles rappellent les noms des famille Moreau, Vitart, Totin, Hubert, etc.

L'hospice de Marchais et Liesse est d'origine très ancienne : au XVIIe siècle, il fut reconstitué par de généreuses et charitables personnes, la sœur Hérissé, Claude Le Picart, Marie Lochet, etc. (Vers 1660) : les uns donnaient leurs soins aux malades, les autres fournirent les bâtiments ou l'argent. Malgré l'utilité de cet établissement, les fondateurs subirent mille tracasseries de la part des autorités locales. Enfin, en 1680, Marie de Lorraine, sœur d'Henri de Guise, exécutant la volonté de son frère défunt, donna à l'Hôtel-Dieu, 37.500 livres : elle eut dans la suite de nombreux imitateurs.


Ecoles


Le pèlerinage ne fut pas seulement à l'origine de l'hospice, il assura de bonne heure à Marchais et à Liesse l'existence de plusieurs écoles. Il paraît qu'en 1609 la duchesse de Guise donna aux habitants de Liesse un jardin, nommé le jardin de l'Hôtel-Dieu, pour bâtir un collège pour les enfants et pour loger un régent du collège. Ce collège était sans doute une école, dirigée par un ecclésiastique, où l'on enseignait un peu de latin. Il y avait très probablement une école à Liesse et une à Marchais, dirigée chacune par le clerc de l'église : ces deux clercs tiraient de l'église leur revenu principal ; quant au revenu scolaire, il consistait en un quartel de seigle payé par chaque ménage, plus cinq sols par enfant. Le maître, logé d'ailleurs, avait donc du pain à discrétion, et de l'argent plus qu'aucun autre habitant. Les procédés d'enseignement étaient peu variés, le matériel absolument nul. Néanmoins les gens  sachant lire et écrire étaient assez nombreux sous l'ancien régime.

Les habitants avaient le droit d'élire le maître en assemblée générale, après avoir entendu le curé, et sauf ratification de l'évêque, des grands vicaires ou de l'official. L'envoi des enfants à l'école était obligatoire : le bailli faisait promettre au maître d'envoyer tous les mois au curé et au procureur fiscal une déclaration des habitants, riches ou pauvres, qui ne lui avaient pas envoyé leurs enfants : dans les baux de nourriture d'enfants mineurs, l'obligation de les envoyer à l'école est formellement stipulée. Les nombreuses signatures qui couvrent les procès-verbaux des assemblées publiques aussi bien que les registres paroissiaux montrent l'intérêt que les habitants portaient à l'instruction de leurs enfants. On le voit mieux encore par la lecture d'un procès-verbal de révocation en date de 1698. En 1697-1698, le maître n'avait tenu aucune école : pour compenser l'omission faite au détriment des petits, il assemblait les grands, filles et garçons, au presbytère où il logeait : on l'accusa de faire danser ses élèves et de favoriser leur libertinage. D'accord avec le bailli, les habitants, malgré ses menaces, le révoquèrent, sauf naturellement ratification par l'évêque. En 1757, d'après une plainte des sœurs de l'Hôtel-Dieu au bailli, les jeunes filles étaient instruites par des religieuses.








Château


L'ancien château de Marchais occupait le centre d'un enclos de cent hectares environ, limité par de larges douves, occupé intérieurement par des bois, des herbages et des terrains marécageux. Il est vraisemblable qu'il était contemporain des douves, qui portent dans la localité le nom de canal : le  tout date peut-être de l'époque romaine. Où était l'habitation romaine ou féodale ? Rien ne l'indique : des ruines très apparentes au lieudit le Pavillon dessinent un rectangle de 50 mètres de long environ sur 30 de large, pourvu de tours aux angles. Il faut arriver au XVI° siècle pour avoir des renseignements précis. En 1540, la terre de Marchais appartenait à Nicolas le Bossu, seigneur de Longueval, chef de partisans sous François 1er : il voulut comme le monarque avoir un château moderne, et fit construire, entre le manoir du moyen-âge et le village une résidence qui attira l'attention de la Cour lorsqu'en 1546, François 1er vint en pèlerinage à Liesse. Bâtie à l'italienne, en fer à cheval ouvert au Midi, avec galerie à jour, elle était entourée d'une seconde enceinte de douves. On y accédait par un pont-levis défendu par une tour. Le style en était simple : les lucarnes étaient sans sculptures, et le balcon n'existait pas.



























Sous Henri II, les favoris de son père furent disgraciés, et Nicolas le Bossu fut heureux de se tirer d'affaire en abandonnant le château et la terre de Marchais à Charles, cardinal de Lorraine, alors tout puissant, qui dépensa de grosses sommes pour embellir le château. La date de 1551, inscrite au perron Nord, sembla effacer tout souvenir de l'ancien maître. Après la journée désastreuse de Saint Quentin, Henri II séjourna au château, qui devint le quartier général de l'armée, réunie à Pierrepont. Charles IX date de Marchais une lettre qu'il écrit à son ambassadeur en Espagne. A la mort du cardinal (1574) laterre passa à son neveu Louis de Lorraine, plus tard cardinal de Guise, et peut-être aussi à Henri le Balafré ? D'après une tradition du pays, la Ligue ou Sainte Union aurait pris naissance au château de Marchais, ce qui n'est pas étonnant puisque les ligueurs ont toujours considéré Henri de Guise comme leur chef (1756). Pendant les dernières années du XVIe siècle, la contrée fut dévastée, et le domaine  de Marchais ne fut pas épargné. Le château était en très mauvais état. On y fit des réparations au début du règne de Louis XIII, mais le château ne reçut plus d'hôtes royaux, bien qu'il appartint toujours à la famille de Guise. Plus tard, il passa à Henriette, Catherine de Joyeuse, duchesse de Guise, et à sa fille Marie : puis à la princesse de Condé, Anne, palatine de Bavière, et à sa sœur Bénédicte-Henriette-Philippe, duchesse de Brunswick-Hanovre. Au XVIIIe siècle, le duc de Bourbon le posséda, ensuite Louise-Adélaïde de Bourbon-Conti, Georges-René Binet, et enfin sa veuve Elisabeth-Joseph de la Borde, qui épousa peu après le comte d'Angivilliers.

Madame de la Borde fut la dernière baronne de Marchais : après sa mort le château fut vendu à un marchand de chevaux de Caen, à un banquier, et en 1810 au compte de Pourtalès. Ce dernier, qui n'habitait pas le château, le remis en état pour y recevoir la duchesse de Berry, en 1821 : il y eu à cette occasion des fêtes magnifiques. Le domaine passa en 1836 au comte Delamarre, qui rendit au château son ancien état, et le transmit, intelligemment restauré, en 1854, au duc de Valentinois, prince héréditaire de Monaco qui, sous le nom de Charles III, devint prince régnant en 1856, à la mort de son père Florestan 1er. Le prince Charles s'empressa de compléter les restaurations si bien commencées, et depuis, chaque année fut marquée par d'importantes améliorations et des embellissements nouveaux. La princesse Antoinette décédée en 1864, avait un goût particulier pour le château de Marchais, et elle s'est associée aux travaux de luxe artistique entrepris par son époux. Leur fils Albert, Prince régnant actuel, continue leurs nobles traditions : c'est un savant honorablement connu par ses travaux d'océanographie, c'est aussi un philanthrope éclairé ; charitable comme son père, et qui assure sur ses domaines l'existence d'une véritable armée d'hommes, de femmes et d'enfants.


Extrait du bulletin de la Société de Géographie de l'Aisne - N° 4 - Octobre-Novembre-Décembre 1904 -

 d'après la monographie de M. Houille, instituteur

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