Cercle Généalogique de L'Aisne
Statuts
Adminisrateurs
Adhesion
AG2015-1
AG_2014
AG_2013
Ag_2012
AG_2011
AG_2010
AG_2009
AG2008_CondeEnBrie
AG2007_Laon
AG2006Soissons
Chateau-Thierry 2eme Grand Salon du CGA
Escaudoeuvres 59 Congrés Scaldobresia
Villers-Cotterets 2015 Forum Asso
Veuilly la Poterie 02
oissons 2015 Salon des asso
Paris
Brie Comte Robert 2015
Villers Cotterets 2014
Paris
Lagny sur Marne 20142014
Brie_Comte Robert_2014
geneatiques_paris_2013
salon_2013
exposition Villers Cotterets
claye-souilly_2013
Brie comte Robert 2013
GENCO-2012
lagny2012
25emeAnniversaire
chatelet en brie
claye_souilly_2011
brie_comte_robert_2011
lagny_2010
Exposition Buironfosse 2009
Chateau-Thierry
Soissons
Laon
Paris
Villers_Cotterets
Hauts de l'Aisne
Revue_AXONA
AnciennesRevuesAXONA

Chantier
Formulaire_Biblio
Liste des Tables
Formulaire_Tables

Formulaire_MicroFilms
Monographie_Barenton_Bugny
Monographie_Barenton_Cel
Monographie_Faverolles
Monographie_Grandlup
Monographie_Marchais
Monographie_Vivieres
Monographie_Pleine_selve

Infos_actes

recherches
Acces_AD


Infos_CPA

Infos_actes_en_vrac

Communes
departement
evenements
carte_cassini
famille CASSINI
Cantons_Aisne
wikipedia

anciens_noms_communes
Revolution
wikipedia
Pays_Aisne
Archives Aisne
Les Dates
recherche
Site_Membre
Site_Ami
sites-informations
sites Logiciels
FAQ
Contact
Desinscription

CERCLE GENEALOGIQUE DE L'AISNE


Monographie de la commune de Vivières


Géographie physique.

1- Situation astronomique de la commune. Son étendue superficielle; son territoire; son terroir, ses différentes divisions; hameaux, fermes, écarts, dépendances, lieux-dits.


La commune de Vivières se trouve située à environ 0°46'30'' de longitude et à 49°18'8'' de latitude du méridien de Paris. Son territoire, d'une contenance totale de 1396 hectares, peut se décomposer de la manière suivante :


- Terres labourables 821 ha 26 ca.

- Prairies et herbages 31 ha 25 ca.

- Bosquets 55 ha.

- Jardins et vergers 23 ha.

- Landes, terrains rocheux et marécageux 38 ha.

- Chemins, cours d'eau, fossés et étang 70 ha 49 ca.

- Forêt (propriété de l'Etat) 350 ha.

- Sol des propriétés bâties 7 ha


Vivières comprend le village proprement dit, les hameaux de Longueavesne et La Carosse; les fermes de l'Epine et de l'Essart, plusieurs écarts ou maisons isolées comme le Point du jour, Malaise, la Thuilerie, la Ruelle des Loups et un poste de garde forestier appelé le Rond de la Reine.


  

Quatre rues principales partagent la partie agglomérée du village, ce sont : la Grande Rue, la Vallée, la Rue du Château et la rue Mauperthuis.

  

  

Les principaux lieux-dits du terroir sont : la Mare la Ville, le Mont Cez, la Fosse Moyse, le Jeu de Battoir, le Tripotier, le Trou de Tonnerre, le Ravis Cholet, la Charbonnière, le Gérémie, la vigne Martismont, le Haut Chapeau, le Bois Soupir, les Camperches, le Sieur, la Mare Houchard, la Garenne Senneval, la Haute Borne, la Borne Notre Dame, le Cornallier, les Gloriettes, le Chaufour, la Montagne noire, le Bois de Auquebert. Ceux de la forêt sont : La Queue de Retz, le Houssoye, les Crapaudières.

2-  noms successifs qu'aurait porté la commune.


Vivarix en 1121, Vivaria, Vivarium, Viviers devenu Vivières. D'après Melleville; ce nom lui vient des étangs ou viviers creusés sur son territoire au 9ième siècle par les seigneurs de la Ferté Milon.


3- Relief du sol : monts ou collines ; indiquer à quel système on les rattache; plateaux, plaines.


Le voyageur qui viendrait de Vic sur Aisne trouverait que Vivières est bâti dans un pli de terrain surmonté, au nord, par le plateau de Pouy qui domine la vallée de l'Aisne, au midi, par les bois étagés qui couronne la laie du Faîte, longue et étroite colline, dirigée de l'est à l'ouest dont le point le plus élevé atteint l'altitude de 235 mètres. Cette colline qui sépare le bassin de l'Aisne et celui de la Marne, marque aussi, à son sommet, la limite du terroir de Vivières avant de passer sur celui de Villers-Cotterêts.

Presque tout le terroir est situé sur une plaine élevée. Le pli dans lequel se trouve le village est encore un plateau, mais peu à peu, le terrain s'ouvre et forme la vallée dite de Ste Clotilde.


4- Météorologie.


A Vivières, l'air est généralement vif à cause du voisinage de la forêt. Les influences atmosphériques ont moins d'action sur la population indigène que sur les nouveaux venus. Ceux-ci se ressentent souvent de douleurs dues à cette vivacité de l'air avant de s'acclimater au pays.

N'ayant aucun abri au nord, Vivières est exposé à toute la rigueur du froid de l'hiver. (Celui de 1819-1820 a été désastreux) C'est sans doute une des causes pour lesquelles le terrain est généralement peu hâtif dans les jardins potagers.

Pendant l'été, les orages occasionnent rarement des dégâts attendu que, poussée par un vent d'ouest, les nuages orageux se partagent souvent avant leur arrivée à Vivières : les uns suivent la vallée de l'Aisne pendant que les autres sont attirés par la forêt.

A l'exception de la partie marécageuse de la Vallée, le terroir de Vivières est bien moins exposé aux brouillards que d'autres communes voisines comme Puiseux et Montgobert.

Déduction faite des douleurs, on n'a pas trop à se plaindre de l'air de Vivières. Le pays est sain et les récoltes se font généralement dans de bonnes conditions.


5- Géologie.


Les deux coteaux qui surmontent la Vallée de Ste Clotilde sont constitués par le calcaire grossier exploité et recherché pour la pierre de taille dure; au dessous des sept ou huit bancs de calcaire, on rencontre les sables moyens du Soissonnais.

Au dessus des coteaux, le terrain est argileux du coté de la forêt, en allant sur le Houssoye, il devient sableux et contient beaucoup de cailloux roulés qui le font parfois ressembler un peu à la grève. En gagnant les hauteurs de la route du faîte, le silex devient si fréquent qu'on l'exploite pour l'empierrement des routes.


6- Hydrographie. Fleuves, rivières, ruisseaux, leur direction dans la commune; lieux où les cours d'eau prennent leur source;  lieux où ils deviennent flottables; lieux où la navigation commence.

Un petit ruisseau appelé Rû de Ste Clotilde prend sa source au pied du plateau de l'Epine, coule vers l'ouest dans le fond de la Vallée et alimente l'étang de Longueavesne. A sa sortie du terroir de Vivière, il est connu sous le nom de Rû de Vandy, il fait tourner plusieurs moulins se dirige sur Chelles et va se jeter dans l'Aisne à Cuise la Motte.

Malgrè le peu de volume de ces eaux, ce ruisseau a servi pendant des siècles, par le moyen des écluses, au flottage des bois sortis de la forêt et expédiés sur Paris. L'étang de Longueavesne, d'une superficie de presque 3 hectares, servait alors de port pour ce genre de navigation.

D'autres étangs ou viviers, creusés à différentes époques par les seigneurs du pays, se voyaient jadis dans la vallée entre Vivières et le hameau de Longueavesne. Pour des motifs qui nous échappent, ces viviers on été peu à peu envahis par de longues herbes et autres débris végétaux et se trouvent aujourd'hui confondus avec les marais environnants.

Quand au rû de Vandy, ses rives sont bien plus désertes que dans les siècles passés: de hautes herbes envahissent son lit et finiront par obstruer le passage de l'eau si l'on n'y remédie par un curage soigné.


7- Les marais : leur situation, leur superficie; sont-ils en voie de desséchement?

Il se trouve environ 9 hectares de marais sur le terroir de Vivières, ils sont situés dans la vallée à partir du coteau de l'Epine jusqu'au terroir de Taillefontaine. Jusqu'ici des plantations de peupliers dans les parties les plus accessibles avec des fossés creusés parallèlement à un intervalle de 4 ou 5 mètres, espace occupé par un gazon de moyenne qualité sont tous les travaux qui ont été faits en faveur des marais.

En d'autres endroits plus éloignés, on ne voit dans les marais que de grandes herbes et des arbustes qui donnent après un certain nombre d'années une coupe de bois qu'on laisse souvent pourrir sur place faute de chemins convenables pour sortir de ces marais.

Aussitôt que le chemin n°6 dit de la Montagne, dont il existe un avant-projet, sera construit, on aime à espérer qu'on tirera partie des terrains marécageux de la Vallée.

Dans un pays comme Vivières où l'horticulture est en honneur qui empêcherait des habitants de Longueavesne de convertir leurs marais en potagers comme on en voit entre Choilvet et Laon et d'aller approvisionner les marchés de Villers-Cotterêts où les produits des jardins s'écoulent si bien.

L'ouverture de cette route tant désirée fera certainement entrer l'aisance dans la localité.


 8- Les bois et forêts, leur superficie et leurs principales essences.

Les bosquets garennes et peupleraies qui comprennent une surface du terroir de Vivières d'environ 55 hectares, contiennent les essences les plus variées dont les principales sont : le chêne, le hêtre, le charme, le bouleau, le tremble, le frêne, le cerisier, l'orme, le coudrier, l'épine, le cornouiller, le peuplier et le saule dans les marais.

Dans la forêt de Retz qui occupe une superficie de 350 hectares du terroir de Vivières, le hêtre (fagus sylvatica) est l'essence dominante. Ces arbres, de forme élégante et élancée atteignent, en cet endroit, et dans les environs, une hauteur considérable et font de la forêt de Retz une des plus belles de France. Le charme s'y montre un peu ainsi que le sapin. Le chêne y est beaucoup plus rare que du coté de la Ferté Milon. Le houx s'y trouve à peu près partout. La forêt de Villers-Cotterêts a le grand avantage de se repeupler d'elle-même.


9- Faune communal.

Les principaux animaux qu'on rencontre à l'état sauvage sur le terroir de Vivières sont : le cerf, le chevreuil, le sanglier, le renard, le blaireau, le lapin, le lièvre, l'écureuil, le fouine, etc.


10- Flore communale.

Les principales plantes qui croissent spontanément sur le terroir de Vivières sont : le millefeuille, l'argentine, le chèvrefeuille, les ronces, le muguet, les marguerites, la fougère, la morille douce-amère, le bouillon blanc, le mouron des champs, le giroflée, le cresson, la cuscute, le coquelicot, etc.


11 Chiffre de la population; augmente-t-elle ou diminue-t-elle? A quelles causes faut-il attribuer ses changements.

Population de Vivières : 1760, 115 feux; 1800, 548 hab.; 1836, 642 hab.; 1841, 620 hab.; 1846, 607 hab.; 1851, 586 hab.; 1856, 587 hab.; 1861, 580 hab.; 1866, 547 hab.; 1871, 546 hab.; 1876, 512 hab.; 1881, 503 hab.

Une filature de soie torse qui a fonctionné à Vivières de 1851 à 1865 a contribué, pendant 14 ans, à maintenir le chiffre de la population à près de 600 habitants. A la chute de cet établissement industriel, les 70 ouvriers des deux sexes qui trouvaient là une occupation constante ont été obligés de se tourner vers l'agriculture ou de quitter le pays.

Le défaut d'industrie a donc contribué, ici comme en beaucoup d'autres endroits, à la désertion des campagnes. Ce départ de beaucoup de jeunes gens pour les villes a fait descendre la population de Vivières à 503 habitants.


12- Nombre des mariages, naissances et décès dans les dernières années.

1873- naissances : 12 - mariages : 5 - décès : 9

1874- naissances : 12 - mariages : 3 - décès : 10

1875- naissances : 11 - mariages : 2 - décès : 16

1876- naissances : 8 - mariages : 3 - décès : 16

1877- naissances : 18 - mariages : 5 - décès : 16

1878- naissances : 13 - mariages : 5 - décès : 21

1879- naissances : 12 - mariages : 9 - décès : 17

1880- naissances : 17 - mariages : 6 - décès : 18

1881- naissances : 10 - mariages : 4 - décès : 13

1882- naissances : 10 - mariages : 3 - décès : 5

1883- naissances : 5 - mariages : 4 - décès : 16


13- Particularités sur la constitution physique des habitants; leur régime alimentaire, leur longévité, les caractères, leurs moeurs, leurs jeux, leurs usages, leur degré d'instruction.

La plupart des familles originaires de Vivières descendent des tribus celtiques (Silvanectes - Vadicasses) établies dans la contrée 1500 ans ou 2000 ans avant Jésus-Christ. A la suite de la conquête romaine, des diverses invasions et des guerres plus récentes, de nouveaux types ont dû se fondre dans la race primitive, mais cette modification a été bien moins prononcée dans un pays qui est resté boisé depuis les premiers âges du monde que dans les contrées défrichées de bonne heure et qui ont continuellement servi de passage aux invasions. Si l'on retrouve les traits caractéristiques des Celtes dans certains habitants de la Basse-Bretagne on peut bien aussi reconnaître ceux des Sylvanectes dans une population riveraine de la forêt de Villers-Cotterêts.

La population indigène de Vivières présente ordinairement les particularités suivantes : constitution généralement robuste, taille souvent au-dessus de la moyenne, cheveux d'un châtain fauve, parfois bruns ou d'un noir cirage, sourcils bien garnis, yeux gris, nez légèrement aquilin ou de forme régulière mais avec des narines évasées à l'ouverture, teint plus souvent coloré que pâle.

En dehors des légumes, qui sont la base du régime alimentaire de la classe laborieuse, la boucherie ne chôme cependant pas et lorsque les épiciers débitent de la charcuterie, ils écoulent facilement et promptement leurs produits. Règle générale, on se nourrit bien et on a parfaitement raison. L'eau de la fontaine, le cidre, la bière et le vin sont les boissons en usage. On consomme aussi passablement de café noir.

A Vivière, la vie moyenne peut arriver entre 35 et 36 ans. Le caractère des habitants est généralement doux mais peu communicatif et quelquefois dissimulé. Sans laisser à désirer d'une manière marquante, les bonnes moeurs sont loin de leur simplicité primitive. Cette tendance fâcheuse a peut être l'alcoolisme pour principale cause.

Vivières possède une compagnie d'arc depuis plusieurs siècles. A l'heure qu'il est, cette compagnie fonctionne peu et ne compte plus guère que 5 ou 6 archers. Une société de tir à la carabine vient d'être fondée dans le pays (1883). En se développant cette nouvelle société éveillera des sentiments patriotique et aura certainement une action moralisatrice au milieu de la population.

L'usage antique le plus religieusement pratiqué est celui d'aller ramasser le bois mort tombé dans la forêt après une nuit de grand vent. En pareille circonstance, on voit, même avant le jour, les deux tiers de la population se diriger vers la forêt.

Le langage est peu correct, on retrouve dans le fond de la prononciation cet accent en oé comme dans moi et toi on dit moé toé etc. On peut du reste faire la même remarque dans les environs de Paris et de Soissons. Le point du département de l'Aisne où l'on parle le plus correctement c'est la région qui touche au département des Ardennes.

Le degré d'instruction est moyen. On ne voit pas d'illettrés parmi les jeunes gens et fort peu parmi les personnes âgées. On a tout lieu d'espérer que, grâce à l'obligation, la génération actuelle possèdera ici comme ailleurs une bonne instruction primaire.


Géographie historique.

1- Evénements remarquables dont la commune a été le théâtre.

La destruction de la colonie du Houssoye par les Normands et celle des tours de Vivières pendant la guerre de cent ans ne reposent que sur des hypothèses. (Voir paragraphes 5 et 16 qui suivent)


2- Personnages célèbres auxquels elle a donné naissance, qui l'ont habitée ou qui y ont été inhumés.

Vivières est la patrie adoptive d'Antoine Poiteau, né à Ambleny en 1766, jardinier en chef du jardin botanique de l'Ecole de médecine de Paris.

Le jeune Poiteau n'avait que deux ans quand ses parents vinrent se fixer à Vivières. C'est à l'école de ce dernier village, alors dirigée par M. Braillon, que le futur botaniste a appris les éléments de notre langue. Plus tard, un vicaire de Vivières, M. Colliot, frappé des dispositions du jeune Poiteau lui donna quelques notions de latin.

On a de Poiteau plusieurs ouvrages de botanique très estimés et qui fourni beaucoup de matières au Bon jardinier. (Voir Dictionnaire historique de l'Aisne par Melville)

Nota : M. Choron, ancien député de l'arrondissement de Soissons, se propose de publier la Biographie d'Antoine Poiteau.


3- Pierres, roches ou grottes consacrées par une croyance populaire, en faire la description etc.

On a bien trouvé en divers endroits des haches de silex, mais ces armes primitives n'étaient point annoncées par la présence de pierres, roches etc.


4- Voies gauloises et voies romaines.

Selon Melville, une chaussée romaine, de Noyon à La Ferté Milon, devait passer par Vic-sur-Aisne, Pouy, l'Epine, Vivières et Villers-Cotterêts. A partir de cette ville elle se confond avec la route nationale. Cette voie, ajoute le même auteur, aurait besoin d'être étudiée en détail.

Jusqu'à présent, on n'a pas encore pu reconnaître exactement l'endroit du terroir de Vivières où devait passer cette voie. On a cru en retrouver quelques traces au lieu-dit La Thuilerie. Il y a lieu de croire que tôt ou tard le hasard aidera à découvrir la véritable direction de cette voie.

Il me semble que M. Michaix de Soissons dans son Essai sur la forêt de Retz parle d'une autre voie romaine qui aurait suivi  la route du Faite à l'endroit qui sépare le terroir de Vivières de celui de Villers-Cotterêts.

Cette dernière chaussée devait aboutir à la fameuse butte Réaumont, le point le plus élevé de la forêt (255 mètres), endroit qui a dû être un camps gaulois ou romain. Malgré tout ce qui a pu être dit sur ce point, il laisse encore un champ bien vaste aux conjectures. (La butte Réaumont doit faire parti du terroir de Puiseux)


5- Existe-t-il quelque lieu portant le souvenir d'un champs de bataille? Quelles découvertes y a-t-on faites? Monnaies, armes, poteries, figurines en terre cuite ou en métal.

Vers 1861, des ouvriers occupée à extraire du silex au lieu-dit La Houssoye (territoire de Vivières dans la forêt) ont mis à jour de nombreuses traces d'habitations, des débris de tuiles, des meules à bras, des auges, 28 kg de pièces de monnaie de bronze, le tout remontant à l'époque gallo-romaine. Un peu plus loin, dans le jardin du garde forestier de Poste St Hubert, on a retrouvé des armes espèces de sabres mais tellement oxydés qu'on a pas pu en déterminer la forme. (M. Michaux paraît croire que la colonie du Houssoye a été détruite par le Normands.)


6- Trouve-t-on dans la commune d'anciens monuments remarquables, murailles très épaisses, statues ou fragments de figures en pierre ou en bronze?

Au centre du village de Vivières, on remarque les ruines d'une vieille tour, derniers vestiges de la châtellenie. Ces ruines presque masquées par la toiture d'une chaumière dominent encore la vallée de Ste Clotilde. On les a exploitées depuis plusieurs siècles comme une carrière de pierres brutes pour y trouver des matériaux. Minés par le temps et par la main des hommes, ces débris ne peuvent tarder à disparaître complètement. La solidité de la maçonnerie peut seule expliquer comment il se fait que ces ruines soient restées jusqu'à présent. Une particularité bonne à noter en ce qui concerne les pierres de taille dont est composée cette tour, c'est que chacune d'elles, soigneusement taillée à sa surface extérieure, présente à son point central une saillie restée à l'état brut. Ce détail marque-t-il une époque? ou rappelle-t-il une fantaisie de l'architecte? Les archéologues ne se prononcent point. On a déjà dit vaguement que les tours de Vivières avaient été bâties ou rebâties par les Anglais comme celles d'Ambleny auxquelles on pourrait ajouter le clocher de Taillefontaine. Malgré ces données, on est tenté d'admettre que les ruines en question sont un reste du château fort bâti au 9ième siècle par Hémogald, seigneur de La Ferté Milon. (Voir Melleville 2ième volume p. 467.)


7- A-t-on retrouvé un ancien cimetière? Quel est l'âge des sépultures, quelles sont leurs particularités?

On a découvert dernièrement sur le penchant du coteau de Longueavesne (hameau de Vivières) un ancien cimetière dans lequel les squelettes se retrouvent ordinairement renfermés dans des auges en pierre. A l'intérieur des tombes qui ont été mises à jour, on a remarqué divers objets, entre autres un vase gris en terre commune peu cuite et une trousse de trois petits couteaux en fer ou acier ayant une lame en forme de celles des couteaux de boucher; au lieu d'être munie d'un manche, leur extrémité est terminée par une espèce d'anneau comme le sont les montants des ciseaux de couturières. Le plus grand de ces couteaux, de la forme d'un canif solide, renferme dans son anneau celui des deux autres de manière à former avec eux une trousse qui pourrait bien être celle d'un chirurgien de l'époque mérovingienne. Le hameau de Longueavesne, qui touche à cet ancien cimetière, est d'origine romaine. Mais les sépultures n'accusent point cette époque et jusqu'à de nouvelles fouilles viennent prouver le contraire, on peut considérer ce dortoir funèbre comme remontant à la 1ère race de nos rois.


8- La commune possède-t-elle plusieurs églises? Leur vocable, date du patron; donner la longueur de chaque église à l'intérieur. Décrire le monument, son style, son âge, ses particularités (sculptures, peinture murale, pierres tombales, tableaux, tapisseries, vitraux, mobilier ancien).

Vivières ne possède aujourd'hui qu'une seule église dont l'origine remonte au 11ième siècle. Fondée par les clercs de l'église St Pierre - St Paul de Paris, la collégiale de Vivières fut transformée en abbaye de Prémontrés en 1126. (Melville) En voyant ce qui s'est passé dans les communes voisines, on est porté à supposer que l'église de Vivières a dû souffrir des Anglais en 1358, des Bourguignons au 15ième siècle et des calvinistes en 1567. Tout ce qui est certain c'est qu'à l'exception du donjon, appelé aussi beffroi, toutes les parties de l'église ont été rebâties au 16ième siècle.

L'église est bien distribuée; elle a la forme d'une croix latine, sa longueur intérieure est de 26 mètres. Le donjon, situé entre le coeur et le bras droit de la croix, semble ne point faire partie de l'édifice. Le rez-de-chaussée, utilisé comme sacristie, est orné de piliers aux sculptures de feuilles de palmier que surmonte une voûte ogivale du 12ième siècle. Au premier étage, on remarque les traces d'une voûte qui devait ressembler à celle de l'étage inférieur. Cette partie de l'église (1er étage du donjon) aurait dit-on servi de sale capitulaire au moment où les religieux avaient établi leur logement au-dessus de la nef.

Quant au second et dernier étage qui contenait 3 cloches avant la Révolution et qui, aujourd’hui, renferme l'unique cloche paroissiale, il semble dater du 16ième siècle. D'après l'abbé Hourlier (Etat du diocèse de Soissons en 1783) l'église de Vivières est sous le vocable de la Vierge (Notre Dame) 15 août. Cependant, à cause de la présence des reliques de Ste Clotilde, Vivières considère cette dernière comme sa patronne et en célèbre la fête religieuse le 3 juin, et la fête civile a lieu le dimanche qui suit cette date.

Jusqu'à la Révolution, l'église de Vivières a été desservie par des religieux prémontrés de Valsery.

L'église de Vivière était le siège du 4ième doyenné du diocèse. (Ce doyenné se composait de 26 cures)


9- Y a-t-il dans la commune une ancienne abbaye? Qu'en reste-t-il? A quel ordre appartenait-elle?

Comme il a été dit au paragraphe précédent "La collégiale fondée à Vivières par les chanoines de l'église St Pierre - St Paul de Paris fut transformée, en 1126, en abbaye de Prémontrés. Ces religieux allèrent se fixer à Valsery en 1148." (Voir Dictionnaire historique de l'Aisne par Melville et Antiquités religieuses du diocèse de Soissons et Laon par l'abbé Lequeux)

Le rez-de-chaussée de la tour du clocher de Vivières est tout ce qu'il reste de l'ancienne abbaye.

Les Templiers établis depuis 1129 à Laon par Barhélémy, évêque de cette ville, vinrent, vers 1220, fonder à Vivières une maison de leur ordre qui devint opulente.

Il ne m'a pas été donné, jusqu'à présent, de trouver exactement le point du territoire de Vivières où se sont établis les Templiers. Les fermes de l'Essart et de Longueavesne ayant appartenu aux Prémontrés de Valsery, les Templiers possédaient peut-être celle de l'Epine.

En tous les cas, rien de curieux dans les constructions. Bâtiments tout à fait récents.


10- Décrire les chapelles isolées.

On voyait jadis deux chapelles isolées sur le terroir de Vivières, l'une, située sur la hauteur de Longueavesne était dédiée à St Martin. Elle a dû disparaître du sol avant la Révolution car les plus anciens habitants du pays n'en ont jamais vu même les ruines.

L'autre chapelle, dédiée à Ste Clotilde, était bâtie sur la fontaine de ce nom, presque au pied du côteau nord de la Vallée. L'origine de cette dernière chapelle doit remonter au 9ième siècle à l'époque où les clercs de l'église St Pierre - St Paul de Paris sont venus demander l'hospitalité dans les tours de Vivières. (Voir Melleville) On sait qu'ils apportèrent avec eux les Reliques de Ste Clotilde et qu'en reconnaissance du bon accueil qu'ils avaient reçu à Vivières, ils laissèrent au pays une partie de ces reliques que l'église paroissiale possède encore aujourd'hui.(voie Antiquités religieuses pas l'abbé Lequeux)

La chapelle Ste Clotilde avait une forme rectangulaire d'une longueur d'environ dix mètres et d'une largeur de 4m50. Elle a été démolie pendant la Révolution.


11- Hospice ou hôpital : noms des fondateurs ou bienfaiteurs, revenus, description des bâtiments; histoire de leur établissement.

Vivière ne possède point d'hôpital, mais par suite d'un testament fait par les époux Guay, en 1819, la commune a le droit d'envoyer et de faire soigner gratuitement un malade indigent à l'hôpital de Villers-Cotterêts pendant le tiers de l'année.


12- Y a-t-il une maladrerie? Faire connaître les traditions qui s'y rapportent.

Vivières possédait une maladrerie. Les biens de cette maison passèrent d'abord à l'hôtel Dieu de Pierrefonds par édit et déclaration de 1673. Ces mêmes biens furent retirés pour être passés à l'hôtel-dieu de la Ferté Milon par Arrêt du Conseil du 3 juillet 1699 confirmé par Lettres Patentes du mois d'août suivant enregistrées au Parlement au mois de septembre et au Bailliage de la Ferté Milon le 1er octobre de la même année. (Voir Etat du diocèse de Soissons par l'abbé Hourlier)


13- Dans le cimetière actuel, signaler les calvaires, croix ou inscriptions curieuses.

Le cimetière actuel ne remonte qu'à 1647, on n'y remarque rien de curieux.


14- Existe-t-il une fontaine visitée par les malades? Nature des maux dont la guérison lui est attribuée. Souvenir et légende qui se rattachent à cette fontaine.

La fontaine de Ste Clotilde, qui se trouve dans une petite cavité sous la chapelle de ce nom, a été visitée, depuis de longs siècles, dans les premiers jours de juin, par les pèlerins qui venaient à Vivière honorer les reliques de Ste Clotilde. La croyance populaire attribue aux eaux de cette fontaine la propriété de préserver de la fièvre.


15- S'il existe un arbre célèbre, faire connaître son origine et sa légende.

Néant.


16- S'il existe un ancien château; dire s'il est fortifié, en donner les dimensions, la description, l'histoire. Rappeler les traditions populaires qui s'y rapportent.

De l'ancien château fort de Vivières, il ne reste que les ruines citées plus haut. (Paragraphe 6) Dans l'histoire de Compiègne, il est parlé des tours de Vivières (vers 1418) "Nicolas Bosquiaux commandait dans Pierrefonds et avait le gouvernement des tours de Courtieux, Ambleny et Vivières". C'est à cette époque de guerres civiles qu'a dû commencer la ruine du château fort de Vivières.

A quelque distance de là, on voit une habitation élégante qui a été habitée par les derniers seigneurs du pays, raison pour laquelle on lui a aussi donné le nom de château. C'est une construction de l'époque de la Renaissance mais qui a subi quelques modifications au siècle dernier.


17- Faire l'inventaire des documents historiques de toute nature.

En dehors des registres de l'état civil qui remontent à 1608, on ne voit figurer à l'inventaire des archives de la mairie que deux pièces curieuses :  1) feuilles détachées rappelant un procès entre les habitants de Vivières et Claude Clarin, prieur du même lieu relativement à un droit de perception de 2 muids d'avoine, mesure de Crépy, que le prieur recevait des habitants au 1er octobre de chaque année. Cette pièce est datée de 1598; 2) Doléances adressées aux Etats généraux en 1789, indiquant l'importance des redevances seigneuriale, le droit d'usage et de pâturage dans la forêt; le ramassage du bois mort, la dévastation des bêtes fauves etc.


18- Les écoles; leur ordre d'enseignement; sont-elles ecclésiastiques ou laïques? Date de leur fondation, nombre d'élèves, description des bâtiments. Historique de l'Instruction dans la commune.

Jusqu'en 1804, l'historique de l'enseignement primaire dans la commune se borne là. En 1804, la municipalité a procédé à une sorte de réorganisation de l'enseignement primaire. Le citoyen Dieu, déjà titulaire depuis 10 ans, a accepté les conditions posées par une délibération de plusieurs pages.

Avant 1832, la classe a toujours dû se tenir dans un local prêté ou loué.


Le 14/09/1832, la commune, dans le double but de posséder un presbytère et une école, s'est décidée à faire, moyennant une somme de 6000 F, l'acquisition d'un immeuble ayant déjà servi de presbytère avant la Révolution. Confisquée en 1792, cette propriété avait changé plusieurs fois de mains avant d'être rachetée par la commune. Une ancienne cuisine d'environ 40m2, espèce de sous-sol bas, humide t à peine éclairé, fut qualifiée de salle de classe.


Cette installation avait paru tellement défectueuse que l'Inspection académique de l'époque avait tout de suite conseillé à la municipalité de séparer les sexes. Ce voeu ne devait se réaliser que 42 ans plus tard. En attendant, on a vu bien des fois plus de 80 élèves des deux sexes réunis dans le local en question.


Le logement de l'instituteur, malsain, sombre et mal distribué se trouvait au-dessus de la classe et, on peut dire qu'il était en parfaite harmonie avec elle. C'est cependant là que s'est tenue l'école des garçons et qu'a été logé l'instituteur jusqu'au mois d'avril 1883.

En 1874, la municipalité s'est décidée à séparer les sexes: une école spéciale de filles fut créée et elle s'est tenue dans un local loué.


Enfin, sur les vives instances de l'autorité supérieurs, la commune de Vivières s'est décidée, le 21/07/1881, à faire, moyennant un prix principal de 9100 F, l'acquisition d'un terrain provenant de M. Hu, dit l'Espérance, pour bâtir un groupe scolaire avec mairie. Cette élégante construction ayant été terminée, en 1882, les enfants purent prendre possession des nouvelles classes en avril 1883.

Chaque école peut contenir 40 élèves et c'est le maximum que semble fournir la population.

Les écoles de Vivières sont laïques.

  

Existait-il une école à Vivières avant 1664 ? C’est possible; mais ce n'est qu'à partir de cette date qu'on voit figurer la signature d'un Maître d'école sur les registres de l'état civil. 

  

Géographie économique.

1- Etat des terres : assolement, jachère, engrais, principaux instruments aratoires, les céréales.

A Vivières, l'agriculture est en honneur, les terres sont bien tenues, l'assolement triennal est en usage. On ne fait presque point de jachères. Comme instruments aratoires, on peut compter dans le pays 43 charrues (bisocs ou polysocs), 9 machines à battre, 5 semoirs mécaniques, 3 faneuses et râteaux à cheval.


En dehors du fumier ordinaire, quelques cultivateurs font usage d'engrais chimiques (guano, superphosphates) : il entre environ 500 quintaux de ces matières tous les ans sur le terroir.

Les céréales cultivées sont le froment, le seigle; l'orge, la méteil et l'avoine.


2- Prairies naturelles ou artificielles, vaine pâture, usages existants au sujet des pâturages.

On trouve sur le terroir environ 32 hectares de prairies naturelles et 192 hectares de prairies artificielles consistant en luzerne, foin, trèfles, vesces etc.

De tout temps les habitants de la commune ont eu le droit d'envoyer pâturer leurs bestiaux dans la forêt. Bien qu'on semble depuis quelques années ne plus profiter de ce droit, la municipalité nomme tous les ans un pâtre communal chargé de surveiller le bétail si l'on se décidait à l'envoyer en forêt.


3- Les étangs.

L'étang de Longueavesne, d'une superficie de presque 3 hectares a conservé son rôle de vivier. Tous les cinq ans l'administration forestière procède à une adjudication publique du poisson qui s'y trouve.


4- Les arbres fruitiers et la vigne.

On peut compter sur Vivièrese environ 8 hectares de vergers plantés en pommiers, poiriers, pruniers, abricotiers etc. La vigne, assez rare du reste, ne se cultive qu'en espaliers.


5- Le houblon et la betterave.

Le houblon est inconnu, mais on cultive à peu près tous les ans 20 hectares de betteraves à sucre et autant de betteraves fourragères pour l'alimentation du bétail.


6- Culture de toutes espèces.

En dehors des céréales, on cultive aussi les féveroles, les pommes de terre, trèfles de toute nature, navette, oeillette etc.


7- Défrichements.

Néant. On est plutôt disposé à reboiser certains terrains éloignés du village qu'à défricher les bois qui existent déjà.


8- Biens communaux.

Néant.


9- Animaux domestiques, chevaux, mulets, ânes, bêtes à cornes ou à laines, chèvres, porcs, les abeilles, les animaux nuisibles et les insectes utiles.

Le recensement des animaux en 1882 a donné les chiffres suivants: 112 chevaux, dont 31 entiers, 64 chevaux hongres et 14 juments, 5 ânes, 6 taureaux, 21 boeufs de travail, 86 vaches, 28 génisses, 4 veaux, 2 béliers, 995 moutons, 560 brebis, 360 agneaux, 68 porcs, 9 chèvres. 36 ruches d'abeilles.

Les animaux les plus nuisibles sont les hôtes des bois tels les cerfs, les sangliers, les renards et les blaireaux.


10- La chasse et la pêche. Leur produit, les conditions auxquelles elles sont soumises.

Il est délivré tous les ans environ 16 permis de chasse qui produisent à l'Etat 288 F et 160 F à la commune. La chasse n'est pas soumise à d'autres conditions que celles inscrites sur le permis de chasse. (Pour la pêche voir paragraphe 3)


11- Société agricole, agences, foires, marchés francs, abattoirs.

Néant. La boucherie de Vivières abat par année environ 50 boeufs ou vaches, 4 génisses, 54 veaux, 80 moutons ou brebis. Il s'abat et se débite en outre 42 porcs chez les épiciers.


12- Carrières, mines.

On voit sur Vivières deux carrières en exploitation. La pierre qui en est extraite est recherchée comme pierre dure, si les moyens de transport étaient plus faciles, ces carrières prendraient beaucoup plus d'extension.


13- Usines et manufactures, condition des ouvriers.

Le pays ne possède ni usines ni manufactures. La classe ouvrière est presque exclusivement occupée dans l'agriculture. Les laboureurs charretiers ou bouviers sont nourris et gagnent environ 500 F par an. Les bergers, sans être nourris gagnent 1400 F, les servantes nourries 360 F.


Vivières le 12 janvier 1884

L'instituteur   BAROT


  

© 2006 - 2018 Cercle Généalogique de  l'Aisne